/Présentation

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Foutoir, Bordel,
Lavoir, Javel,
Baignoire, Motel,

Passoire Rasoir Grimoire Miroir ..
Espoir, Bordel !

Blog expérimental #2, en jachère lui aussi.

/Jukebox

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Quote #1 - N'oublie pas

⊆ 2/21/2009 06:58:00 AM by Daz | . | ˜ 0 .com* »

" Jusqu'alors, il avait avancé avec l'insouciance de la première jeunesse, sur une route qui, quand on est enfant, semble infinie, où les années s'écoulent lentes et légères, si bien que nul ne s'aperçoit de leur fuite. On chemine placidement, regardant avec curiosité autour de soi, il n'y a vraiment pas besoin de se hâter, derrière personne ne vous presse, et personne ne vous attend, vos camarades aussi avancent sans soucis, s'arrêtant souvent pour jouer. Du seuil de leurs maisons, les grandes personnes vous font des signes amicaux et vous montrent l'horizon avec des sourires complices ; de la sorte, le cœur commence à palpiter de désirs héroïques et tendres, on goûte l'espérance des choses merveilleuses qui vous attendent un peu plus loin ; on ne les voit pas encore, non, mais il est sûr, absolument sûr qu'un jour on les atteindra.

Est-ce encore long ? Non, il suffit de traverser ce fleuve, là-bas, au fond, de franchir ces vertes collines. Ne serait-on pas, par hasard, déjà arrivé ? Ces arbres, ces prés, cette blanche maison ne sont-ils pas peut-être ce que nous cherchions ? Pendant quelques instants, on a l'impression que oui, et l'on voudrait s'y arrêter. Puis l'on entend dire que, plus loin, c'est encore mieux, et l'on se remet en route, sans angoisse.
De la sorte, on poursuit son chemin, plein d'espoir ; et les journées sont longues et tranquilles, le soleil resplendit haut dans le ciel et semble disparaître à regret quand vient le soir.

Mais, à un certain point, presque instinctivement, on se retourne et l'on voit qu'un portail s'est refermé derrière nous, barrant le chemin du retour. Alors, on sent que quelque chose est changé, le soleil ne semble plus immobile, il se déplace rapidement ; hélas ! on n'a pas le temps de le regarder que, déjà, il se précipite vers les confins de l'horizon, on s'aperçoit que les nuages ne sont plus immobiles dans les golfes azurés du ciel, mais qu'ils fuient, se chevauchant l'un l'autre, telle est leur hâte ; on comprend que le temps passe et qu'il faudra bien qu'un jour la route prenne fin.
A un certain moment, un lourd portail se ferme derrière nous, il se ferme et est verrouillé avec la rapidité de l'éclair, et l'on n'a pas le temps de revenir en arrière.

Mais, à ce moment-là, Giovanni Drogo dormait ignorant, et dans son sommeil il souriait, comme le font les enfants.

Bien des jours passeront avant que Drogo ne comprenne ce qui est arrivé. Ce sera alors comme un réveil. Il regardera autour de lui, incrédule ; puis il entendra derrière lui un piétinement, il verra les gens réveillés avant lui, qui courront inquiets et qui le dépasseront pour arriver avant lui. Il entendra les pulsations du temps scander avec précipitation la vie. Aux fenêtres, ce ne seront plus de riantes figures qui se pencheront, mais des visages immobiles et indifférents. Et s'il leur demande combien de route il reste encore à parcourir, on lui montrera bien encore d'un geste l'horizon, mais sous plus de bienveillance ni de gaieté. Cependant, il perdra de vue ses camarades, l'un demeuré en arrière, épuisé, un autre qui fuit en avant de lui et qui n'est plus maintenant qu'un point minuscule à l'horizon.

Passé ce fleuve, diront les gens, il y a encore dix kilomètres à faire et tu seras arrivé. Au lieu de cela, la route de s'achève jamais les journées se font toujours plus courtes, les compagnons de voyage toujours plus rares, aux fenêtres se tiennent des personnages apathiques et pâles qui hochent la tête.

Jusqu'à ce que Drogo reste complètement seul et qu'à l'horizon apparaisse la ligne d'une mer démesurée, immobile, couleur de plomb. Désormais, il sera fatigué, les maisons le long de la route auront presque toutes leurs fenêtres fermées et les rares personnes visibles lui répondront d'un geste désespéré : ce qui était bon était en arrière, très en arrière, et il était passé devant sans le savoir. Oh ! Il est trop tard désormais pour revenir sur ses pas, derrière lui s'amplifie le grondement de la multitude qui le suit, poussée par la même illusion, mais encore invisible sur la route blanche et déserte.
"


Dino Buzzati - Le Désert des tartares


Prose #2 - Danse en pointillés.

⊆ 2/18/2009 02:07:00 AM by Daz | . | ˜ 0 .com* »


Danse en pointillés.
Nouvelle

Tu danses seule, une de ces danses aux pas compliqués. Sourcils froncés, sourire mince et mine concentrée. Surtout ne pas trébucher. Imperturbable, tandis qu’autour de toi s’étire et se déplie l’inlassable ballet des couples. Tu danses seule, une danse que tu sembles être la seule à connaître. Tu marches sur des œufs, hésite un pas sur deux. Tes pieds en pointillés, les pieds et poings liés. Quadrille en solo sur le fil. Telle une Ariane qui du dédale ne se défile, avec les conventions tu joues à l’élastique.

Parfois, un danseur un peu crâne sort de l’essaim de la foule et s’approche de toi, t’invitant à rejoindre le grand mouvement collectif. Mais tu continues de regarder tes pieds qui se meuvent seuls et qui t’entraînent toujours plus loin. De sa ferme main, pour te tenir droite et fière tu n’en as pas besoin. Tu le sais désormais, la plupart de leurs danses t’ayant toujours ennuyée. C’est pourquoi aujourd’hui tu n’as pas de cavalier attitré. De temps en temps, tu perçois de la piste un regard scrutateur ou étonné. Mais insolente tu continues de danser. Tu ne danses pas pour eux mais pour toi et tu le sais.

Et c’est alors que le tempo s’accélère. Ce n’est plus de l’accordéon musette que joue l’orchestre, mais de la musique pop. Ils danseront le rock. Ou alors peut-être le jerk ? Tu leur jette un coup d’œil amusé. Les couples restent appariés. Rock. Puis à nouveau tu regardes tes bottes, reprend ton souffle un instant, puis te remets à bouger plus promptement. Agilité. Mouvement, gauche, droite, sans s’arrêter. Se retourner, mais jamais au grand jamais regretter. Tu es une funambule, en équilibre sur une ligne pointillée. Tes mouvements en tracent le contour à dessein. Mais voilà que de ce contour commence à apparaître un dessin inattendu. Hébétée, tu titubes. Surprise mais tu ne perds prise. Surtout rester debout. Ne pas t’asseoir. Ne pas t’arrêter. Tes pieds-pinceaux, stylos-stilletos la trame du sol griffonnent incessamment. Ce curieux motif que tu sais maintenant tien. Tu l’as tracé tant de fois désormais, tu pourrais le danser les yeux fermés.

Tes yeux se ferment donc, et tu redresses la tête. Tu ne veux plus user tes yeux à contempler des cailloux. Tu sens tes cheveux onduler contre ta joue. C’est le vent du changement qui souffle sur ton échine. Tu te redresses et ouvres des yeux plissés, un peu aveuglés par la lumière du matin. Tout a un début, tout a une fin. Danse en pointillés, danse sur des rochers, pieds de nez jeux de mains. Et voilà qu’elle t’invite à danser.

Janvier/Février 2009.



Day #7

⊆ 2/16/2009 02:31:00 PM by Daz | ˜ 0 .com* »


Staring at the light

It’s what we always do
‘Cause we cannot sigh
Until the very last breath we drew

Raise your head
Dead stars shattered in the sky

(Janvier 2009)
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Day #7.

D'une pichenette, le château de carte s'est effondré et les doutes ont laissé place à des certitudes. Euphorie d'avoir enfin trouvé la pièce manquante du puzzle, puis nervosité nervosité nervosité. J'ai besoin de ressentir. J'ai besoin d'agir. J'ai besoin d'aimer. D'une pichenette, les dominos se sont tous renversés, laissant apparaître en bout de course ce coeur que j'avais enfoui depuis trop de temps déjà. Je ressens. J'ai besoin d'agir. Mais la vie bouge toujours la première, et voilà que dans moins de deux mois elle m'enmènera très certainement à l'expatriation pour 6 mois à des milliers de kilomètres de là. Sentiments étranges. Mêlés. Nervosité nervosité nervosité et anxiété.

Every thing is moving so fast, and I have a strange feeling

Dance, just don't stop moving, your feets are conecting the dots. Now, I'm done and I can see the whole picture. But I now want to colour it. But I lack time.

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Childhood gone long ago - What about pressing the red button ?
Photo perso - Janvier 2009
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